Samuel Eto'o: "J’ai dit à mon fils: tu joues pour le Cameroun"

 

Samuel Eto’o Fils a rompu le silence. Le capitaine d’Antalyaspor s’est de nouveau exprimé longuement au cours de la première édition de l’émission «Griffe de pro» diffusée le week-end passé sur la télévision panafricaine Vox Africa. 



L’ancien capitaine des Lions indomptables s’est étendu sur plusieurs sujets. Voici quelques morceaux choisis de ses déclarations les plus importantes.

Sur l’avenir international d’Étienne Eto’o, son fils footballeur


Il est un bon joueur. Moi peu importe qu’il joue au Paris Saint-Germain. S’il veut qu’il joue au Barça, tout ça… Mais je lui ai dit: «tu dois jouer pour le Cameroun. Fais ce que tu veux, ne choisis pas une autre nationalité. Si tu veux faire plaisir à papa, tu joues pour le Cameroun. C’est tout!». L’avantage, c’est qu’il a un papa qui a servi cette belle équipe du Cameroun pendant 16-17 ans. Je sais quand même comment ça fonctionne là-bas. Je sais qu’il n’a pas acheté ce pays. C’est un pays qui va l’adopter comme ailleurs. C’est chez lui. Il faut à un moment donné qu’il rentre, qu’il aime ses cours comme son papa l’a fait et qu’il nous serve ! Moi papa je donnerai toujours mon conseil, mais c’est mon fils qui doit prendre la dernière décision. C’est la démocratie chez moi.

Sur l’arrêt des activités de Fundesport, son centre de formation

Nous avons décidé de faire autre chose qui n’est pas que le football. Nous avons décidé de travailler beaucoup plus dans le social. Plus en accordant peut-être des bourses aux jeunes footballeurs qui vont en Europe et souvent ça ne tourne pas comme on souhaite. Et puis, il ne faut pas les abandonner. Certains ne veulent pas revenir au Cameroun pour recommencer. Ils ont cette crainte-là et puis ça crée beaucoup trop de problèmes. Pour éviter tous ces problèmes-là, d’avoir peut-être des jeunes frères en Europe qui se retrouvent sans-papiers, en difficulté, etc. Nous nous sommes dit: que faut-il faire ? Alors il faut peut-être construire des hôpitaux, faire des forages, apporter d’autres choses. C’est sur tout ça que nous sommes en train de travailler.



Sur son avenir en sélection

Je reste supporter des Lions indomptables. Je suis Camerounais avant une autre nationalité que j’ai. Je suis Camerounais. J’ai eu l’immense honneur de défendre directement notre beau et cher pays pendant 17 ans. Il n’est que normal que je puisse suivre quand mon programme le permet les matches de l’équipe nationale. Mais même si je ne regarde pas directement je suis toujours en contact avec quelqu’un qui me donne le résultat. Et en plus, j’ai mes enfants qui me font honneur aujourd’hui dans cette équipe. Donc je dois être à côté pour continuer à les encourager.


J’ai commencé dans cette équipe quand j’avais 15-16 ans. J’ai 35 ans aujourd’hui. Il y a des jeunes qui sont là, qui doivent écrire leur histoire. J’ai écrit la mienne. Je pense que j’ai écrit une très très belle histoire. Il faut permettre à ces jeunes de découvrir ce qu’il y a de bon et de mauvais dans la sélection (…) Si c’est pour faire pitié, je ne suis pas là. On ne peut pas dire «pour remercier Samuel…». Non ! Le sport, il faut gagner. Il faut donner la possibilité à ceux qui le méritent d’être là. Au mieux, il faudra que ces enfants out cette équipe aillent chercher un résultat qui sera la victoire finale. Donc si on commence à dire: «parce que Samuel nous apporté à un moment donné, il faut qu’on dise merci», on est mal partis. Moi, ce n’est pas ma façon de voir la vie. Soit tu mérites soit tu ne mérites pas ! Encore que dans quelques années j’aurais trois ans de plus. Est-ce que ma santé physique me permettra de continuer à jouer au football ? Je ne sais pas.

Je ne sais déjà pas ce que je ferai demain. Il ne faut pas se jeter, mais je ne pourrai jamais fermer ma porte à mon pays. Il y a quelque chose de sûr: aujourd’hui, je ne me vois pas en train de revenir en équipe nationale juste pour une raison: ces enfants doivent écrire leur histoire. Et nous devons tous permettre à ces enfants d’écrire leur histoire. Si Samuel Eto’o continu à jouer ces enfants n’auront jamais l’occasion d’écrire leur histoire et surtout de montrer de quoi ils sont capables. Plusieurs d’entre eux ont parfois crié dans des plateaux: «Ah Samuel est vieux il faut qu’on joue». Aujourd’hui, c’est l’occasion de montrer qu’ils peuvent jouer. Il faut qu’on les encourage.

Sur la rivalité avec Roger Milla

Si mes frères ne me respectent pas, croyez-vous que ceux qui viennent, qui me saluent quand ils me voient en Europe avec les deux mains, quand ils viennent chez nous, ils vont me respecter ? Ils ne respecteront pas les autres. Ils respecteront peut-être ceux qui les engagent pour nous détruire. C’est ça ! Souvent les gens m’appellent et me disent: «mais, Samuel, tu dois donner ton opinion sur la politique». Mais je ne sais pas faire la politique ! Comment je vais parler de quelque chose que je ne maîtrise pas ? Je ne peux pas donner mon opinion sur ce que je ne connais pas.

Aujourd’hui, tout le monde veut que j’aie des problèmes avec certains de mes parents qui font la politique. Dans le football, même Roger Milla qui est mon idole, sait que j’ai écrit une meilleure histoire. Mon histoire est meilleure. Il faut que les Africains à un moment donné s’asseyent et respectent. Il faut qu’on te donne ta place. Je me rappelle quand feu Nelson Mandela m’avait reçu. J’étais un gamin et invité spécial de son anniversaire. Nous étions à Johannesburg. Nous étions tous là, Roger Milla et d’autres. On dit: «Samuel va rencontrer le président Nelson Mandela avec Pelé. J’étais gêné parce Roger est un dieu pour moi. Roger représente le rêve du gamin que j’étais hier. Mais le rêve très lointain. Qu’on me dise: «toi tu vas voir Nelson Mandela avec Pelé»… Je voulais le dire, mais Roger c’est mon rêve. Nelson Mandela m’a dit: «African soldier». Puis il a parlé deux ou trois minutes. Il a dit: «je suis fier de toi, l’Afrique est fière de toi».

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